La course à l’Arctique passe par Reykjavik-Monde Diplomatique

Encore hypothétique, l’ouverture de routes maritimes dans l’océan Arctique suscite un intérêt croissant parmi les puissances commerciales. Pour se rapprocher des ressources naturelles de la région polaire, la Chine courtise l’Islande, premier pays européen à avoir signé avec elle un traité de libre-échange.

Au milieu des herbes jaunes qui bordent le plus long fjord d’Islande, M. Thorvaldur Ludvik Sigurjonsson, les cheveux balayés par le vent, désigne du regard l’emplacement du futur port de Dysnes. Le consortium d’entreprises islandaises Arctic Services, qu’il dirige, espère profiter de l’ouverture un jour de la route maritime créée par la fonte de la banquise pour construire sur la côte nord du pays une plaque tournante vers l’Arctique. A la faveur du réchauffement climatique, le trafic par l’océan Arctique progresse chaque été — cinquante-trois vaisseaux l’ont traversé en 2014 (1) —, même si l’on est encore loin de l’établissement d’une route sûre et régulière ouverte au trafic commercial. A sa grande surprise, le consortium a vu se présenter à lui, en avril 2012, la Banque chinoise de développement, intéressée par le projet. Consciente des promesses du Nord, la Chine a engagé depuis une dizaine d’années une vaste stratégie de positionnement en Arctique, dont l’Islande a longtemps été l’axe central. (…)

A lire sur le Monde Diplomatique Septembre 2015

 

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